Retour aux fondamentaux avec la Business Intelligence

Tristan MALHERBE

Directeur Général - DATA PULSE

La BI ou Informatique Décisionnelle en français est dans l’air du temps, mais reste encore une belle inconnue pour de nombreuses entreprises.
Pour entrer dans le vif du sujet et la découvrir, faisons le point avec Tristan Malherbe, expert BI.

Concrètement, qu’est-ce que la BI pour un marketeur ?

Derrière l’anglicisme BI, il y a d’abord un besoin métier, auquel répond un outil (comme Power BI© que nous utilisons), pour apporter des mesures, des calculs et des résultats, l’ensemble étant alimenté par les données de l’entreprise. Il y a ensuite, une retranscription visuelle sous forme de dashboards, qui synthétisent les métriques de l’entreprise, et permet de les filtrer en mode dynamique. Cette dernière est la partie émergée de l’iceberg, alors que la partie immergée est représentée par les tables de données connectées entre elles et les statistiques qui en résultent.

Grands groupes et TPE-PME ont-ils la même appétence pour la BI ?

Si les grandes entreprises, nourries au data driven, ont adopté plus facilement la BI, les TPE-PME y viennent aussi, avec les mêmes besoins d’indicateurs clés marketing et de mesure de performance. Et ce, notamment depuis que l’accès à ces technologies et que leur utilisation se démocratise, en donnant plus de latitude au métier et en limitant l’intervention de l’IT.
Aujourd’hui, le self-service BI commence à faire son chemin dans les entreprises : on crée un socle commun de données à utiliser par les fonctions métiers, on demand.

En 2020, quelles sont les tendances que vont privilégier les entreprises avec la BI ?

En premier lieu, le retour aux fondamentaux. Après l’ère du big data, des Data Scientist et des modèles prédictifs, l’informatique décisionnelle revient en force, car les entreprises ont constaté qu’elles manquaient de KPI, pour estimer leur réalité terrain et les résultats opérationnels. Finalement, mettre en place des algorithmes prédictifs via l’IA (Intelligence Artificielle) s’est avéré plus ardu et plus coûteux, sans nécessairement trouver une rentabilité à terme. Aujourd’hui, nous revenons aux bases, pour répondre aux besoins métiers via la BI. 
Quant au collaboratif, il constitue l’une des finalités de la BI, tant dans la phase de conception des tableaux de bords, que dans le partage des informations après leur publication. Le sujet crucial à résoudre est la sécurité des données lorsque les dashboards et les sources sortent de l’entreprise.

Vous êtes également co-fondateur du Club Power BI© France, pouvez-vous nous en dire quelques mots ?

Le Club Power BI© a été créé il y a un peu plus de trois ans, et compte aujourd’hui plus de 2000 membres, avec des meetups tous les mois à Paris, Lille, Lyon, Nantes, Aix-en-Provence et Strasbourg, et une chaîne Youtube qui les retransmet. Si nous utilisons l’outil Power BI© de Microsoft, notre association est indépendante et notre parole libre. Microsoft « n’est qu’un sponsor comme les autres ». En d’autres termes, nous avons une vision objective et critique de l’outil, avec même un forum en français pour répondre à vos questions techniques et opérationnelles.

Et vos membres, qui sont-ils ?

Leur profil est réparti à 50/50 entre les représentants de l’IT et les correspondants métiers. Mais nous prévoyons une montée en force de la partie métier, car la dimension technique s’efface au profit des utilisateurs.